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16 oct. 2013
JAMES BLAKE
La sirène/La roch..
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YAK
Peu d’albums dans l’histoire du rock ont vu l’obsession de leur créateur frôler d’aussi près l’autodestruction que The Pursuit Of Momentary Happiness de Yak. Pour le chanteur, guitariste et leader Oli Burslem, la réalisation du deuxième album de son groupe s’est confondue avec sa quête artistique au détriment de tout le reste, y compris de sa propre sécurité financière et de sa santé mentale. Qui d’autre aujourd’hui investirait tout son argent jusqu’au dernier centime dans un enregistrement, au point de perdre son logement et de devoir dormir à l’arrière d’un break Citroën ?

A l’écoute de The Pursuit Of Momentary Happiness, on sent souvent la rage monomaniaque de la mission de Yak. C’est un de ces disques comme il n’en sort qu’un par décennie, un disque dont chaque seconde est imprégné de la foi et de l’implication de son auteur, les sons le composant défiant toute classification, un peu comme le Ladies And Gentlemen We Are Floating In Space de Spiritualized ou le Innerspeaker de Tame Impala, deux albums dont les auteurs ont joué un rôle important dans la genèse de The Pursuit Of Momentary Happiness.

Mais revenons sur l’histoire du groupe… Au départ, tout semble aller au mieux pour Yak. Après une cour assidue du management de Rough Trade et l’enregistrement de l’un de ses premiers EPs pour le label Third Man Records de Jack White, le trio composé de Burslem, du bassiste Andy Jones (l’ami d’enfance d’Oli, originaire de Wolverhampton) et du batteur Elliot Rawson, met le feu à la scène rock alternative britannique moribonde avec un premier album paru en 2016, Alas Salvation. Mais pour Oli, le dernier concert donné par le groupe cette année-là à la Scala de Londres, et qui devrait marquer une apogée, ressemble davantage à la fin d’une histoire qu’à une réussite à partir de laquelle continuer d’avancer.

​Jones prendra effectivement bientôt ses cliques et ses claques pour Melbourne. Mais après avoir rencontré par hasard Jay Watson de la formation live de Tame Impala dans un pub de Dalston (ndt : quartier de Londres), Burslem échafaude un plan insensé pour répéter avec son groupe à Melbourne pendant dix jours, avant de traverser l’Australie pour finaliser l’album n°2 à Perth, chez le leader de Tame Impala Kevin Parker, sur l’invitation de Watson.

Tout commencera à aller de travers avant même que Burslem et Rawson n’arrivent en Australie, Oli ayant décidé d’aller au préalable passer un mois à Tokyo : « tu sais, pour m’isoler, pour tout écrire… » C’était prévisible, les deux ou trois premières semaines s’évaporeront dans une brume d’alcool sans qu’une seule note ait été écrite. A son arrivée en piteux état en Australie, les choses vont pourtant empirer.

Dans l’avion du retour, Burslem s’empiffre et bois comme un trou, sachant que lorsqu’il atterrira, il n’aura plus un sous, plus de toit, et pas d’album. A peine arrivé, il réduit donc ses biens au strict minimum et les entasse dans deux grands sacs avec lesquels il « emménage » dans sa vieille Citroën, qui n’a pas passé le contrôle technique. « Ca n’était pas l’idéal », admet-il.

Nous sommes alors en février 2017, et Oli raconte aujourd’hui qu’il n’a que de vagues souvenirs des 18 mois qui suivront. Certains de ses amis musiciens, comme Martin Slattery, ancien batteur des Mescaleros aux côtés de Joe Strummer, ou le guitariste de Spiritualized, John Coxon, l’hébergeront temporairement.

​Du côté positif, c’est après avoir resquillé pour entrer au festival de Glastonbury qu’il trouvera un nouveau batteur, Vinny Davies. Après avoir fait la fête ensemble deux jours d’affilée, ils rentrent directement à Londres pour répéter avec Rawson pendant quelques semaines, et « les choses ont commencé à prendre tournure ». Le trio loue un studio de répétition bon marché, quelques jours seulement après que Burslem ait taillé une bavette au pub avec Coxon et le leader de Spiritualized, Jason Pierce.

Le lendemain, Pierce se matérialisera et les fera jouer tant bien que mal toutes les chansons du groupe. « Il nous a beaucoup soutenus. Je pensais que personne n’aimerait ce qu’on faisait, mais il nous a dit qu’on tenait quelque-chose et qu’on devrait essayer d’enregistrer tout ça proprement. » Un peu plus tard, en voyant Burslem taxer ses copains pour s’acheter un ticket de métro, Pierce lui conseillera vivement de trouver une maison de disques, ce que Yak fera dûment en signant avec Virgin-EMI.

Une autre rencontre fortuite lors d’une fête mettra Burslem en présence de Marta Salogni, une productrice italienne installée en Grande-Bretagne et connue pour son travail sur l’album expérimental de Björk Utopia. « Nous nous sommes vus plusieurs fois et nous avons parlé de faire un disque avec des guitares, mais pas ennuyeux, qui ne sonne pas comme tous ces trucs pourris d’indie pop/rock anglais », explique Oli. « Nous voulions retranscrire la sensation du live, et pour moi, RAK est le meilleur studio de Londres où faire ça. Du coup, on a décidé d’y aller dix jours pour mettre en boite quelques bonnes sessions tous les trois ».

Durant ces dix jours, Yak enregistrera 29 chansons, dont 11 figurent sur le nouvel album. Oli décrit « Bellyache », le titre ouvrant l’album par des sons appuyés de guitare wah-wah rappelant Tame Impala, comme « en colère et va-te-faire-foutre » ; le suivant, « Fried », comme « je suis foutu », et le troisième comme « la descente, où je me demande ce que veut dire tout ça ». Oli dit de ce dernier titre, apparemment écrit après une nuit blanche, qu’il est « brut de décoffrage et direct », mais qu’il possède aussi quelque-chose de quasi-divin. « Bellyache », quant à lui, est porté par une flûte folle et l’un des quelques arrangements de cuivres menaçants que compte le disque.